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L’Assemblée nationale a voté la loi de programmation militaire (LPM)
mercredi 4 décembre 2013

PARIS, 3 décembre 2013 (AFP) - L’Assemblée nationale a voté mardi en première lecture la loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, soutenue par les seuls socialistes et les radicaux de gauche.

Cette traduction budgétaire des orientations du Livre blanc de la défense a été adoptée par 292 voix contre 251.

Les députés écologistes, du Front de Gauche mais aussi la quasi totalité des groupes UMP (sauf deux abstentions, dont Frédéric Lefebvre) et UDI (sauf trois abstentions) ont voté contre.

Deux élus du groupe radical, républicain, démocrate et progressiste se sont abstenus.

Les élus de l’extrême droite ont voté contre, ainsi que le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan ou Jean Lassalle (Modem).

La loi de programmation prévoit 190 milliards d’euros de crédits sur la période 2014-2019, avec un budget annuel maintenu à 31,4 milliards d’euros jusqu’en 2016, à hauteur de 1,5% du PIB, et en légère progression ensuite.

Pour maintenir un dispositif militaire cohérent en période de crise, le texte prévoit la suppression de 34.000 postes dans les armées en six ans, dont 7.881 en 2014.

A l’horizon 2019, la défense devrait compter 242.000 personnes (militaires et civils). Les premières restructurations ont été annoncées cet automne, avec la dissolution de plusieurs régiments et unités dès 2014.

Au nom du PS, Christophe Léonard a défendu un projet de loi "ambitieux et réaliste dans un contexte budgétaire serré" avec notamment "la volonté de doter le pays d’un modèle d’armée cohérent et opérationnel", le maintien d’une "industrie d’armement parmi les premières du monde" ou le "respect" des soldats comme des territoires.

S’il a noté que cette programmation peut "apparaître perfectible à certains", il a insisté sur ses avancées et rappelé la clause de revoyure fin 2016 mais aussi l’héritage de la droite, dont "des militaires avec le moral dans les rangers" à cause du logiciel de paiement des salaires Louvois ou la "désorganisation" des bases de défense.

Relevant un "effort financier global très significatif" pour assurer les trois missions fondamentales de la défense mais aussi développer la cyberdéfense "sous strict contrôle", le radical de gauche Stéphane Saint-André a souligné que "la France sera en 2019 la première armée de métier d’Europe", malgré de nouvelles suppressions de postes.

Cette loi de programmation, "dans la continuité des précédentes" malgré "quelques inflexions", "entretient le mythe d’une puissance globale que la France n’est plus", a critiqué l’un des co-présidents des députés écologistes, François de Rugy.

Et de plaider à nouveau pour rouvrir le débat sur la dissuasion nucléaire, volonté selon lui "de plus en plus partagée" au-delà de son parti.

Pour le Front de Gauche, les armées seront "sur le fil du rasoir", Jean-Jacques Candelier s’inquiétant entre autres d’une "mise en péril des espaces aérien et maritimes" ou de "risques sociaux" pour les personnels des armées comme de l’industrie.

Clamant que "de Lionel Jospin à François Hollande, la gauche se sert toujours de la Défense nationale comme variable d’ajustement militaire", l’UMP Philippe Meunier a alerté sur des "conséquences dramatiques notamment sur les capacités opérationnelles et le tissu industriel".
Comme l’UDI Philippe Folliot, il s’est indigné que "la Défense doive supporter 60% baisse des effectifs de la Fonction publique".

Le "pari" d’un financement reposant en partie sur de futures ressources exceptionnelles mais aussi sur l’exportation d’équipements militaires comme le Rafale a été épinglé par la droite mais aussi par le Front de Gauche.


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